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Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/41

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par amour, ou tout simplement parce qu’elle faisait son lit scientifique, dans la maison de son père ?… La foi, que la science des choses physiques avait tuée en lui, céda-t-elle la place dans cet homme, chaste jusque-là, à la curiosité de connaître la femme ; et cette curiosité âpre et mordante, même pour les êtres les plus purs, s’empara-t-elle fougueusement de cette nature de satyre, renversant l’âme sous l’animal ?

Pour la jeune fille qu’il épousa, orpheline de sa mère, orpheline deux fois, puisque son père avait étouffé son cœur paternel sous la machine pneumatique de son cerveau de savant, elle trouva, en sortant du couvent où elle avait été élevée, l’abbé Sombreval logé chez son père. Il ne portait plus ses vêtements de prêtre. Elle ignorait qu’il en fût un…

Pieuse, mais tendre, elle ne vit en lui qu’un homme plein de génie, et elle se prosterna devant ce génie, devant cette force, cette profondeur et toutes ces grandes incompréhensibilités que les femmes adorent. Quand son père la donna à cet homme pour souder leur liaison par elle, elle aimait Sombreval déjà et elle lui tendit sa main dans toute la confiance d’une âme heureuse.

Nul hasard ne révéla le secret de l’apostat qui, d’ailleurs, avait pris toutes ses précautions