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Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/39

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dans la poitrine, comme la Mère des Sept-Douleurs avec ses sept glaives dans le sein, tomba achevé sous le quinzième. Les cheveux se levaient sur la tête des moins religieux, rien que d’y penser ! L’abbé Sombreval, déicide et parricide tout à la fois, fut mis au ban de l’opinion de ce pays, qui avait encore la vieille croyance des ancêtres.

Vers ce temps-là, on vit dans le ciel, raconte-t-on, des signes effrayants, des météores de forme étrange, qui ressemblaient à d’immenses astres contrefaits, titubant, dans le ciel incendié, sous l’ivresse de la colère de Dieu qu’ils annonçaient. Mais ces météores, qu’on regarda comme les précurseurs de la Révolution et des malheurs qui allaient la suivre, parurent aux gens de ce pays, dans leur moralité simple et profonde, de moins épouvantables augures que ce hideux phénomène de l’impiété d’un prêtre, resté, avant comme après sa chute, pour tout le monde, l’abbé Sombreval.

En effet, on n’arracha jamais son titre d’abbé de son autre nom, et jusqu’à sa mort, quand on parlait de lui, et même parfois quand on lui parlait à lui-même, on les lui donnait, en les joignant tous les deux, comme si par là on l’eût cloué à ce pilori d’infamie !

Cependant, il faut bien l’avouer, la Révolution, pour laquelle ce prêtre renégat semblait