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Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/345

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de savoir qu’il n’y a plus de ressource et qu’il est perdu sans espoir ! Je me suis assez débattue contre mes Voix, quand elles m’annoncèrent sa perdition, mais elles ne se sont jamais démenties et elles m’ont soumise à la fin ! Et v’là bien des années, car, même avant qu’il reparût dans le pays, je causais de lui, quand j’étais seule avec mes pensées. Vère, sa fille, la Sainte de Néhou, ne gagnera le ciel que pour elle, mais le père est réservé au feu.

— Et même dès cette vie, à ce qu’il paraît, — dit le vicomte Éphrem avec la légèreté d’un grand seigneur qui plaisante de tout, — car voyez comme les combles du Quesnay brillent ! Votre vieux damné de Sombreval est, pardieu ! bien capable de l’incendier un de ces soirs, s’il continue à se chauffer de ce bois-là.

— Ah ! — fit la Malgaigne, dont la tête se montait toujours vite, dès qu’on parlait de Sombreval, — il vaudrait mieux pour lui qu’il roulât vivant dans les feux qu’il allume que dans ceux qui lui couvent déjà sous les pieds ! Pour ceux-là, rien ne les éteindra, ni prières ni larmes. Non ! quand on en verserait autant qu’il y a de gouttes d’eau dans l’étang du Quesnay ou de feuilles qui y tombent par les ventées d’automne !… Croyez-vous que je n’aie pas prié et pleuré ?… Certes ! mes prières ne pèsent pas devant Dieu le poids de celles de