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Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/335

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la bonté ; qui leur crie assez grâce pour son père, mais qu’ils n’entendent pas, avec toute sa beauté de bonne Vierge, ses perfections et ses vertus !

— Mais ils finiront par l’entendre ! dit une autre voix qui s’éleva tout à coup sur la butte. N’est-il pas écrit dans le livre de vie et d’espérance : « Frappez, et l’on vous ouvrira ? »

— Ah ! monsieur le curé de Néhou ! — s’exclama le vicomte, qui, en sa qualité d’ancien chasseur de bécasses, y voyait sans lunettes dans la nuit et la brume mieux que dans son paroissien à la messe en plein jour, — vous nous écoutiez donc, pour avoir su de qui nous parlions ?

— Était-ce donc si difficile, monsieur le vicomte ? répondit le curé. On parlait de perfection et de vertus demandant grâce pour un coupable. Est-ce avoir manqué de charité que d’avoir deviné à ces paroles la nouvelle châtelaine du Quesnay, mademoiselle Calixte Sombreval ?

— Certes, non, curé, — fit cordialement le vicomte. Sans dire du mal de vos paroissiennes, vous n’en avez pas beaucoup dans le genre de celle-là. C’est une fille digne d’un meilleur père et qui honorerait une bonne race. Je ne l’avais aperçue encore que dans votre église,