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Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/302

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cri de la fenêtre. Néel, en s’abattant, put l’entendre encore ; mais le briska éclata, fracassé, — et, mort ou vivant, le jeune homme roula inanimé dans ses débris.

— À son secours ! dit Sombreval aux fermiers, — mais Lui, lui courut à Calixte. Il la trouva sans connaissance. La main crispée de cette fille nerveuse tenait l’espagnolette comme une pince, et cette crispation l’avait empêchée de tomber.

Les Herpin ramassèrent Néel, — fracassé aussi comme sa voiture. L’un des chevaux s’était éventré sur l’angle d’un soubassement et perdait ses entrailles. L’autre était fourbu pour jamais. Quand les fermiers relevèrent de dessous les débris de son attelage ce jeune homme si beau il y avait quelques heures, si méconnaissable à présent, les roues flambaient. Elles avaient pris feu !

Quelques heures après cet événement (devait-il être heureux ou funeste ?) Néel était couché dans le lit que Sombreval avait fait dresser pour sa fille dans le grand salon du Quesnay. Le médecin de S… avait été mandé sur-le-champ. Néel s’était, en tombant, brisé le col du fémur et la clavicule droite. Ses bras, ses mains, son front avaient été déchirés par les éclats de la voiture et les angles du perron sur lequel il avait roulé. Les blessures étaient assez