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Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/241

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fille comme Calixte Sombreval était capable de prendre sur un jeune homme dont les veines contenaient de ce sang qui avait si bien flambé en 1794 pour la belle palatine Gaétane-Casimire, comtesse de Zips, et c’est à cet empire qu’il voulait, pour toutes sortes de raisons et pendant qu’il en était temps encore, s’opposer.

Une de ces raisons, et la meilleure, c’est qu’il pensait à marier son fils. Indépendamment du bonheur d’avoir des rejetons qui assurassent l’avenir de sa race, le vicomte Éphrem avait un motif déterminant pour désirer que Néel se mariât de bonne heure, et ce motif prenait sa source dans les sentiments du vieux royaliste contre le gouvernement d’alors.

À cette époque-là, en effet, le mariage était la seule ressource que pussent employer pour sauver leurs fils de l’obligation militaire les pères qui ne voulaient pas les envoyer, comme disait une phrase du temps, « à la boucherie des champs de bataille ». Il est vrai que cette boucherie n’aurait nullement répugné aux instincts guerriers du vicomte Éphrem, et il y eût envoyé Néel avec une joie stoïque, s’il les avait écoutés seuls : mais la tyrannie de ses opinions politiques ne lui permettait pas de transiger avec son devoir, qui était (croyait-il) de haïr l’Empereur, malgré sa grandeur et sa