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Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/232

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béissante jeune fille en lui remettant cette dispense que la supérieure générale avait consentie, — que votre Carmel soit la maison de votre père. Assainissez-la par le parfum de vos vertus. L’Église, qui vous accepte pour une de ses servantes, vous charge de lui reconquérir l’âme perdue dont le plus grand crime a été de vous donner la vie. »

Et Calixte avait dignement compris le grand acte qu’on attendait d’elle. Auprès de ce père qui ne croyait plus, la carmélite du Quesnay devait se trouver dans un désert plus profond que celui dont l’entrée lui était interdite. C’était pour elle une captivité sans chants et sans compagnes, et, avec le secret qu’il fallait cacher à Sombreval, une heure de silence éternelle !

Elle ne devait pénétrer dans ce cloître, dont elle était exilée, qu’après la mort de Sombreval, s’il persistait dans son endurcissement sacrilège, ou le jour consolant qui le verrait changé et reprenant les vêtements de son sacerdoce. Jusque-là, elle avait la consigne sacrée de ne pas abandonner son poste de dévouement et de sacrifice.

Comme le fil d’archal le long duquel glisse la foudre, elle devait être dans la vie de Sombreval le fil conducteur tendu à la Grâce, si la Grâce revenait toucher cet obstiné pécheur.