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Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/181

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mystérieux. À proprement parler, cette tête de Méléagre antique, qui faisait ressembler Néel de Néhou au plus ravissant des camées qu’eût portés sa mère n’était pas ce qu’on peut appeler une tête philosophique, et le moment où cette tête rayonnait alors de jeunesse était l’époque de l’action plus que de la pensée, un temps où la moyenne des esprits se préoccupait assez peu des mystères de la vie et de ces problèmes que notre temps, à nous, a recommencé d’agiter : mais, tout disposé qu’il pouvait être, par sa nature poétique et les sentiments qui le dominaient, quand il s’agissait de Sombreval, à se laisser imposer par la grande Malgaigne que, de ce jour-là seulement, il apprenait à connaître, Néel se roidissait contre le sens des paroles fatales de la vieille et il lui prit l’idée de les discuter. Il avait un esprit qui ne manquait pas plus de fermeté que son caractère.

Élevé par le vicomte Éphrem, indifférent en matière de religion, comme toute la noblesse du dix-huitième siècle, moins pieusement qu’il ne l’eût été par sa mère, si elle avait vécu, il l’avait été, catholiquement néanmoins, sous la gouverne d’un certain abbé de Saffrey, plus maquignon que prêtre, il est vrai, qui lui avait appris, encore mieux que le catéchisme de Coutances, l’adhérence parfaite sur sa selle à