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Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/177

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d’elle encore en remontant le perron du Quesnay et en échenillant, d’une main distraite, les boules rouges des géraniums qui, dans leurs grands vases de granit, en garnissaient les rampes : « Les Turcs aussi respectent les fous, » et il se demandait alors pourquoi cet observateur positif, ce savant qui n’admettait que la science, portait-il sur son ample front, volontaire et lumineux, les nuées qu’un souffle de cette folle venait tout à coup d’y amasser ?…

De toutes ces choses naissait pour lui un vif désir de revoir la Malgaigne, de lui parler sans témoins, de l’interroger sur cette mort fatale qui menaçait Sombreval et l’avenir de Calixte, — de Calixte dont les peines désormais devaient être les siennes, — de Calixte dont il ne s’isolait plus !

Aussi, quand il eut refermé la grille de la cour, au lieu de reprendre le chemin du mont Saint-Jean et de Néhou, se précipita-t-il du côté de la route qu’avait dû suivre la Malgaigne. Cette route, qui semblait filer comme une flèche au pied de l’étang, devenait, à quelques pas de là, une montée tortueuse. Néel pensa que l’octogénaire ne la gravirait que lentement… Il n’y avait pas assurément plus d’une demi-heure que la scène de l’étang venait d’avoir lieu.

Cependant le soleil, comme une bonne mé-