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Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/170

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comme on dit, de la côte de Jessé. Tu peux lui demander, à cette enfant-là, si je t’ai oubliée ; si je ne lui ai pas, à bien des reprises, parlé de toi… Depuis que nous sommes au Quesnay, je suis allé maintes fois frapper à la porte de ta bijude, mais tu étais toujours sortie. Étais-tu aux champs ou en journée ? Tu n’as ni voisins ni voisines à qui je pusse dire que j’étais venu voir la Malgaigne. Aujourd’hui le hasard nous met sur ta route, car tu passais sans entrer au Quesnay, — mais tu vas y venir avec nous ; tu vas t’y reposer avant de retourner à ce mont de Taillepied qui est encore loin et où tu demeures… Monsieur de Néhou, ajouta-t-il, approchons la barque de la route, et toi, mère, donne-moi ta main, et de l’autre appuie-toi sur ton bâton, pour y descendre.

— Non, Jean, dit-elle, — puisque tu veux que je t’appelle Jean devant tout le monde, car ton orgueil n’est pas celui des autres, tu n’as jamais été que toi, Sombreval ! — Eh bien ! non, Jean, ma place n’est pas au Quesnay, et plût à Dieu que ce n’eût jamais été la tienne ! Mais, hélas ! rien n’a pu t’empêcher de faire ce que le mauvais esprit avait bien prédit que tu ferais.

    désigner leur grand’mère, qu’ils appellent aussi leur grande.