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Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/127

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rasoir du bourreau, n’auraient pas pu l’écarteler !

C’est à ce moment que Néel de Néhou était rentré au cimetière. Ce qui avait eu lieu dans l’église l’avait-il averti ?… Vous vous le rappelez, la veille, les paroles du fils Herpin lui avaient appris qu’entre lui et ces Sombreval abhorrés la solidarité du plus étrange sentiment était établie.

Eh bien ! cette messe, pendant laquelle il n’avait cessé de contempler l’innocente et virginale Calixte dans le martyre de son isolement, avait mis par la pitié une dernière main à cette solidarité, nouée dans son âme par l’amour. Aussi, quand il rencontra Sombreval et sa fille traversant le cimetière, fut-il frappé d’un éblouissement qui ne venait pas seulement de la beauté nitescente de Calixte, marchant dans l’éclat solaire d’un jour d’été. Il avait vu un grand danger. Il connaissait le peuple de ces campagnes.

Il avait espéré que Sombreval et sa fille ne seraient pas sortis de l’église avant que la foule des paysans se fût écoulée par les routes, et il les trouvait, tous les deux, s’avançant à travers cette foule dont les cris avaient une expression sur laquelle on ne pouvait se méprendre.

Il y avait plus. Cette foule commençait de s’entasser contre la barrière de l’enclos, et elle