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Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/123

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mantes et qui chantaient, entre cet être ravissant, si souffrant et si jeune, et ce cimetière de campagne, ceint d’aubépines en fleur, semé de pâquerettes, où les pigeons du cimetière, familiers et farouches, s’envolaient, comme des âmes, de l’herbe des tombes.

Tout d’elle aux choses et des choses à elle était paix, pureté, mélodie, sainte tristesse des élus qui sourient à la terre avec leur bonté céleste ; tout devait faire oublier qui elle était, cette fille d’un homme déshonoré, cette fille de prêtre !…

Mais les paysans de ce pays, qui n’étaient pas amoureux comme Néel, ne l’oubliaient pas. À leurs yeux, le prêtre jetait l’ombre de son péché sur cette créature de lumière. Implacables pour lui, ils étaient durs pour elle qu’ils ne connaissaient pas et qu’ils jugeaient à travers son père. Groupés dans le cimetière de Néhou, ils se trouvaient plus libres de manifester leurs sentiments que quand Sombreval et Calixte avaient paru dans l’église. Aussi les murmures, lorsqu’ils en sortirent, firent-ils explosion.

Le peuple est naturellement exécuteur des hautes-œuvres d’une justice dont il a l’instinct et à laquelle, sans ses tribuns, je me fierais. Ici, il n’avait que sa huée pour tout supplice, et ce supplice, il voulait l’appliquer à un grand