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Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/121

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agenouillée et mise en prière. Vapeur de l’encensoir qui se détachait de la terre et montait vers Dieu !

Il la revoyait pour la seconde fois, et il la trouvait encore plus belle que quand il l’avait entr’aperçue à la grille du Quesnay — divine de piété et si pâle dans les rayons pourprés du soir ! Elle était en blanc, comme ce jour-là, et son voile relevé et retombant derrière ses épaules permettait d’apercevoir son visage, toujours de la même pâleur, et ses grands yeux de sainte Thérèse sous leur bandeau de velours ponceau, qui n’était pas le placide bandeau de lin de la Carmélite, et qu’il s’étonna de retrouver à ce front qu’il eût voulu voir. Elle, Calixte, perdue en son Dieu, s’absorba dans la contemplation de l’autel.

Néel et son père, la foule, l’église, tout avait disparu pour cette fille angélique, qui priait avec l’inspiration des cœurs choisis. Elle resta, tout le temps que dura la messe, agenouillée. Sombreval était auprès d’elle, la couvrant de ses fiers regards, tendres et jaloux.

Attiré lui-même par cette beauté adorablement recueillie, le vicomte Éphrem dit à son fils un de ces mots légers qui poignardent, et dont il ne vit pas l’effet dans le tressaillement du pauvre Néel : « Ce sont les acquéreurs du Quesnay, lui fit-il tout bas ; c’est ce prêtre…