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Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/107

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Quesnay, et ils ne bougent ! Ils ne remuent pas plus que les taupes poursuivies, quand elles se sont coulées sous les herbailles de l’étang. La fille n’a pas mis tant seulement une fois le pied dehors, depuis qu’elle vous a bassiné la tête, monsieur Néel, avec cette layette d’enfant Jésus, qui sert de mouchoir à cette… vous savez bien qui je veux dire, pas vrai, monsieur Néel ?… Il n’y a que le vieux Sombreval qui sorte et rôde par-ci par-là, car il marche la terre à sens et à dessens, le vieux Rapiamus ! comme un nouveau marié choie sa femme. Vous ne l’avez pas vu, monsieur Néel ? Non ? Eh bien ! tant mieux ! c’est p’t-être un bonheur que vous ne l’ayez pas rencontré entre les deux haies du chemin creux des Longs-Champs où le beau Du Parc a si bien régalé de son bâton gaufré le dos du vieux usurier Desfontaines, car vous êtes un jeune taureau, monsieur Néel, à qui il ne faut pas faire du vent trop près des narines, et qui sait ? vous lui auriez p’t-être fait payer un brin trop cher les intérêts de cette claque qu’il a abattue si mauvaisement sur la croupe de votre pouliche, l’autre jour ! »

Les yeux noircissaient bien un peu à Néel et la veine de la colère se gonflait comme une petite vague bleue, sur son front de marbre blanc, en entendant ces paroles où tout le paysan normand se distillait ; mais il ne pouvait