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Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/102

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Henri, — avait tout à coup resserré le cercle de ses courses et de sa volée, et s’était mis à tourner autour du Quesnay, comme le fil autour du fuseau.

Du reste, quand on le rencontrait, il était toujours seul, avec sa carabine de chasse ; et il leur parlait des choses du temps, marchant avec eux, puis les quittant pour revenir là où il croyait qu’un jour ou l’autre finirait par passer cette châtelaine cachée du château de là-bas, dont le toit bleu l’impatientait d’étinceler toujours du même azur, dans la lumière monotone d’un lointain vide.

C’était comme un fait exprès, une gageure ; les jours étaient charmants, l’été magnifique, cette année-là. Calixte, qui était malade et asservie au traitement que lui prescrivait son père, ne prenait l’air et le soleil qu’à doses prudentes et surveillées, le long des espaliers du jardin, fermé de murs énormes et où l’on n’aurait pu l’apercevoir que du côté de l’étang, si l’étang n’avait appartenu exclusivement à Sombreval.

Néel ignorait la maladie de Calixte. La voix de la contrée, — cet écho fait de mille échos, qui dit tant de choses et qui plus tard en a tant répété sur cette infortunée, — ne lui avait pas appris qu’elle était positivement malade, et que la douleur dont il avait vu les reflets