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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Poètes, 1862.djvu/381

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Saqui, l’immortelle ! au temps

De sa royauté naissante,

Tourbillonnait d’un pied sûr

A mille pieds en l’air, sur

Une corde frémissante !

Évidemment cela était impossible. Le poème de Volberg n’eut aucun retentissement. Mais les trop rares esprits qui aiment la poésie en dehors des guerres civiles de la littérature y prirent garde et en respirèrent l’espérance.

III

Cette espérance ne fut point trompée. M. Siméon Pécontal a publié, en 1854, un volume de Ballades et Légendes qui pourrait être la première pierre d’une renommée, si l’attention du monde était aux esprits délicats et à leurs œuvres, mais le monde est ailleurs. Pour l’attirer et le gouverner, il faut dans le talent des supériorités terribles, et encore, un jour ou l’autre, le plus napoléonien des poètes ne le ramènera pas des intérêts matériels à la poésie. Elle peut entonner son chant de mort. Poète lyrique (il l’a bien prouvé dans son ode magnifique sur la mort de Chateaubriand et ses stances sur La mer à Biarritz), M. Siméon Pécontal, avec le don de simplicité qui est le plus précieux caractère de son talent et cette fraîcheur d’âme dont, à plusieurs places de son Volberg, on avait vu resplendir les teintes frissonnantes et nacrées, devait