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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Poètes, 1862.djvu/368

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Poésies que nous avons sous les yeux. Demandez-vous ce qu’il renferme de neuf, d’original, d’inconnu ? Par le fond, c’est toujours la même ivresse égoïste ou matérielle de l’École Romantique, une poésie d’orgueil ou d’amour sensuel, la même immoralité naïve ou plutôt la même insouciance de toute moralité, et par la forme, c’est toujours la même fureur descriptive qui décrit tout.

Ce ne sont que festons, ce ne sont qu’astragales !

Le titre du livre n’est que trop exact. Ce n’est pas tout. La Critique pourrait compter une par une les pièces qui appartiennent ou par la pensée, on par la manière, ou par le mouvement, aux maîtres de M. Bouilhet, restés pendant trop longtemps ses maîtres. C’est ainsi, par exemple, que la pièce intitulée Chanson d’Amour appartient à l’inspiration de M. Théophile Gautier, la pièce Kuchiuk-Hanem à l’inspiration de M. Gautier et à celle de M. Hugo combinées, mais celle de M. Hugo l’emportant. L’Esprit des Fleurs est manifestement Le Sylphe de M. Hugo ; La Plainte d’une Momie est du Gautier autant par le détail de l’expression que par le sujet choisi du poète. Les vers à Prudier sont du Gautier et du Victor Hugo encore. Le mérite du Danseur Bathyle et son effet reposent sur une énumération qu’on a vue dans Les Orientales, et qui est maintenant à l’étal de procédé :

Elle aime, et ce n’est pas le chevalier romain, etc.