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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Poètes, 1862.djvu/238

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obscure et secrète comme un chiffre qui n’a point de clef ; trente personnes peut-être dans Paris ont le sens de cette gaîté logogriphique, mais, à partir de la banlieue, tous les hommes d’esprit de la terre peuvent se mettre à plusieurs pour comprendre, ils ne seront pas plus heureux que les bourgeois de Hambourg qui se cotisaient pour entendre les mots de Rivarol ! Excepté donc le Premier soleil, La Ville enchantée et quelques fragments des Satires où le rhythme et la langue se remettent à jaillir, en plusieurs reprises étincelantes et trop courtes, à travers d’horribles et d’insensés jargons d’atelier, d’estaminet et de coulisses, il n’y a rien pour la Critique que des sujets d’étonnement douloureux et de pitié dans ce volume, dont tout le mérite appartiendra à l’éditeur. Composé de parodies que le poète appelle Occidentales, par opposition aux Orientales de M. Hugo, dont on reconnaît la coupe, la solennité du mouvement et l’image, mais renversée du sérieux au burlesque :

Un jour Ali passait, les têtes les plus hautes, etc.

Un jour Dumas passait, les divers gens de lettres, etc.

le livre des Funambulesques alterne de ces parodies lyriques péniblement contournées à des Triolets et des Rondeaux toujours puérils et dont nous voudrions cependant donner un modèle, ne fût-ce que pour être compris, — car qui en a lu un les a lus tous !

A M. ARSÈNE HOUSSAYE. Où peut-on mieux s’égarer deux, parmi

Les myrtes verts, qu’aux rives de la Seine !

Séduit un jour par l’enfant ennemi,

Arsène, hélas ! pour lui quitta la saine

Littérature et l’art en a gémi.