Ouvrir le menu principal

Page:Barbey d’Aurevilly - Les Poètes, 1862.djvu/18

Cette page n’a pas encore été corrigée


M. VICTOR HUGO

Les Contemplations. — La Légende des siècles.

I

Il faut se hâter de parler des Contemplations, car c’est un de ces livres qui doivent descendre vite dans l’oubli des hommes. Il va s’y enfoncer sous le poids de ses douze mille vers. Un nom que M. Victor Hugo ne ferait plus, s’il avait à recommencer sa renommée, et quelques vers, trop rares, hélas ! qui marquent mieux les profanations dans le poète et le deuil des regrets dans ceux qui l’aimèrent, ne sauveront pas d’un oubli certain ce recueil, où se réfléchit toute une existence, depuis la jeunesse jusqu’après la maturité. Du reste, l’oubli que nous prédisons à ces tristes poésies sera du respect encore. On pourrait faire pis que de les oublier.

C’est là, en effet, un livre accablant pour la mémoire de M. Victor Hugo, et c’est à dessein que nous écrivons