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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/435

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SAINT ANSELME DE CANTORBÉRY[1]


Si le talent seul faisait la destinée des livres, nous pourrions nous dispenser peut-être de parler de ce dernier ouvrage de M. Charles de Rémusat. Le talent dont il brille n’est pas assez éclatant pour porter bien loin les idées qu’il exprime. Mais en fait d’idées, qui l’ignore ? c’est moins l’auteur et la force de son esprit qui créent le succès que les circonstances. S’il est vrai, comme le disait Napoléon, que les hommes, grands ou petits, sont fils des circonstances, le mot est encore plus vrai des idées… Flèches lourdes ou légères, aiguës ou émoussées, le vent qui les pousse, l’air qu’elles traversent, le point d’où elles sont ajustées, font plus pour elles que la corde de l’arc qui les chassa ou la main qui les a lancées. Chose singulière ! le but vient plus

  1. Saint Anselme de Cantorbéry, par M. Charles de Rémusat