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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/371

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P. Ventura avait pour la Critique l’intérêt d’un esprit de l’ordre le plus élevé qui, jusque-là, s’était illustré dans de très-puissantes polémiques, mais que l’événement et le choix de l’Empereur mettaient en demeure de se montrer fécond et net dans sa fécondité et de dire enfin le mot suprême que, sur toutes les questions, le christianisme, s’il rencontre un homme de génie, n’a jamais manqué de prononcer !


III

Eh bien ! ce mot là, le P. Ventura l’a-t-il fait entendre ? On le cherche, et un tel mot ne se cherche pas ! dans cet énorme volume de cinq cent soixante pages, où la lumière passe sur toutes, mais ne se condense dans aucune, de manière à former ce noyau qu’il faudrait pour tout éclairer. Certes, il y a là des accents superbes, un style étonnant, remuant et remué, et français à nous faire penser que nous avons là dans cet Italien un éloquent compatriote ; mais est-ce tout ? Que l’illustre théatin nous le pardonne ; si la franchise est le devoir du prédicateur vis-à-vis des puissances, elle est de devoir rigoureux de la part du chrétien vis-à-vis du prédicateur. C’est l’instrument de l’observatoire catholique à mettre au point du firmament. Dans ces cinq cent soixante pages, y a-t-il autre chose que des généralités vagues dans une excellente direction, il est vrai, mais n’aboutissant pas au conseil précis que le législateur veut