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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/351

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qui, selon nous, et pour des raisons plus hautes que le livre et ce qu’il contient, méritait d’être signalé. Seul, un journal religieux, de conviction catholique, mais dont la qualité n’est pas précisément la hardiesse, a donné sur la démonstration de M. Enfantin un article d’un ton très-piquant, très-résolu et du détail le plus renseigné. La plume qui a écrit ce petit chef-d’œuvre de polémique aiguisée est une main de femme, qui a signé Marie Recurt. Le hasard, ce n’est pas sa coutume, a été spirituel. Le seul adversaire qu’il ait suscité à M. Enfantin est une femme. Il en a longtemps cherché une, sans la trouver. En voici une autre, qu’il trouve sans la chercher, et qu’il ne se félicitera pas d’avoir rencontrée. Madame ou mademoiselle Marie Recurt est une Judith chrétienne, dont la plume coupe comme le glaive. Chrétienne, elle s’est levée pour objecter à l’homme de la chair, la chair corrompue et l’esprit de vie, à l’esprit de mort ! Depuis que cette héroïque, qui a fait besogne d’homme, quand les hommes se sont abstenus, sur la question du saint-simonisme ressuscité ; depuis, disons-nous, que cette héroïque a parlé, M. Enfantin a-t-il intérieurement reconnu son maître ? Toujours est-il qu’il n’a pas répondu comme au père Félix… et qu’il semble, lui et ses amis, recommencer un nouveau silence… En sortira-t-il encore une fois ?… Franchement, nous eussions aimé à le voir entrer en lice contre cette femme qu’il s’est attirée, lui qui demande l’émancipation de la femme et la dresse dogmatiquement, d’égale à égal avec l’homme. Est-ce qu’il ne trouve pas que mademoiselle Marie Recurt soit