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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/281

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comme le sien, presque muliébrile, qui se tend ou se détend, comme des nerfs. Plongez-le par supposition dans le Moyen Age et appuyez-le sur saint Thomas, le P. Lacordaire pourrait viser sans inconvénient à la popularité de ce temps-là, sainte ou innocente, mais il est malheureusement du dix-neuvième siècle, où la popularité n’est ni l’une ni l’autre, et où il est plus dangereux de la rechercher ! Et il faut bien le dire, il l’a recherchée, et elle est encore, à cette heure, l’écueil contre lequel vient de se heurter, dans sa maturité réfléchie et qui devrait être plus détachée des opinions du monde et de sa sotte estime, le même homme qui, dans sa jeunesse, y heurta, hélas ! tant de talent, tant de doctrine, et probablement tant de vertus ! Le prêtre de l’Oraison funèbre d’O’Connell, le moine des clubs et de l’Assemblée nationale, qui passa, en sa robe blanche de dominicain, des examens de civisme devant des étudiants en droit ! le journaliste de l’Ère nouvelle que l’on croyait enfin détourné du monde auquel, disait-on, il ne voulait plus même parler de cette voix dont le souvenir devenait plus grand dans le silence, est ressorti de son cloître, une fois de plus, pour devenir un candidat d’Académie, et vient de payer sa bienvenue dans la compagnie où il est entré entre deux philosophes, avec ce livre de Sainte Marie-Madeleine, sacrifice aux idées les plus malsaines d’une époque qui aime tant ses maladies ! J’ai parlé plus haut de M. Renan, et pourquoi faut-il que le R. P. Lacordaire me le rappelle ? M. Renan, si vous vous en souvenez, s’est amusé, dans un de ses derniers écrits, à éteindre autour de la tête de nos Saints le nimbe d’or que la Foi y