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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/242

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très-distincte et parfaitement à lui ; nous la montrerons tout à l’heure. Mais peut-être, lui, ne le croit-il pas ? Il adore Buffon, et depuis trente ans il lui a donné probablement bien plus de vie qu’il n’en a reçu de ce grand homme. M. Flourens ne s’est pas seulement fait un artiste en gloire pour le compte de Buffon, il est le meilleur de sa gloire. Parmi tous les bonheurs et toutes les somptuosités de cette prodigieuse destinée que Dieu, après sa mort, continue à cet heureux, qui aurait pu jeter sa bague aux poissons du Jardin des Plantes, le meilleur, c’est cette gloire plus intelligente et plus pure, incarnée dans l’admiration d’un rare esprit qui sait, lui, pourquoi il admire, et qui se détache de ce fond d’éloges traditionnels et de sots respects qui compose le gros de toute renommée. En exprimant, en filtrant cette dernière goutte de gloire exquise sur la mémoire de Buffon, M. Flourens semble avoir oublié la sienne. Mais qu’il soit tranquille ! il ne l’aura pas moins par-dessus le marché [1].

II

Ainsi double biographie : — la biographie intérieure et la biographie extérieure de Buffon, les faits de sa vie et ceux de son intelligence, tels sont les deux volumes de M. Flourens et qui se complètent et s’appellent. Publiée à dix ans d’intervalle de l’Histoire des Travaux

  1. On verra plus loin les titres à cette grande chose qu’a M. Flourens par ses travaux personnels.