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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/15

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une forme de plus — une forme svelte, rapide, retroussée, presque militaire et que cette traîneuse de robe à longs plis, dans les livres, ne connaissait pas. Au lieu de deux ailes qu’elle avait, il en a donc donné quatre à la Pensée… Eh bien, c’est sous cette forme concentrée et particulière appelée articles de Journal, par la Vulgarité qui déshonore tout, quand elle parle de quelque chose, que les divers chapitres de ce livre ont été écrits. Les changements qu’on y trouverait, si la Curiosité retournait à ces feuilles qui s’en vont chaque jour, sans être des oracles, où s’en allaient les feuilles sybillines et les rattrapait dans le vent, les changements seraient des accroissements plutôt que des changements réels. Ce serait en effet, de temps en temps, un mot, ou un jugement ou même un chapitre intégral devant lequel la Rédaction en Chef, cette héroïne, a eu froid dans le dos et qu’avec cette grâce qui n’appartient qu’a elle, elle a lestement supprimé !

Ainsi un livre dans lequel la forme de l’Écrivain (quelle qu’elle soit ; ce n’est pas la question) est maîtresse chez elle, quand elle ne l’est pas dans les journaux, où, comme partout, la forme emporte le fond (ou l’empâte), tel est ce premier volume des Œuvres et des Hommes. C’est de la critique qui peut se tromper, mais qui, du moins, ne trompera pas. C’est de la critique sans mitaines, sans souliers feutrés, sans cache-nez