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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/117

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Telle est l’œuvre, et je dirais presque le miracle du Catholicisme. Telle est, en vertu de son incorruptible puissance, l’assainissement qu’il opère sur cette disposition à la mysticité, qui, pour certaines âmes, est encore bien moins une faculté qu’une maladie. Assurément, M. Caro sait tout cela aussi bien que nous, et il en touche même un mot en passant dans son chapitre du Mysticisme, en général. Mais la Critique, qui a ses convictions, qui n’examine, ne raisonne et ne conclut que du milieu d’elles, a le droit de demander au philosophe pourquoi, dans un livre où toutes les questions liées à son sujet sont touchées de manière à les faire vibrer dans les esprits, il a négligé d’appuyer plus longtemps et plus fort sa juste et pénétrante analyse sur le côté fécond et sanctifié du mysticisme. Le mysticisme des religions fausses, le mysticisme hétérodoxe et qui n’est qu’une des faces, et la plus flamboyante, du monstre multiple de l’Hérésie ou de l’erreur, M. Caro nous montre très bien comment le Catholicisme les traite et quel droit indéfectible il a pour les condamner et pour les punir. Mais, M. Caro en convient, il n’est pas au monde que ces sortes de mysticismes, tous plus ou moins faux, plus ou moins individuels. Il y a aussi le mysticisme dans la règle, dans l’orthodoxie, dans l’unité de la foi et du dogme, dans l’obéissance de la discipline, le grand mysticisme catholique enfin. Nous en avons nommé plus haut les plus glorieux représentants et les plus splendides interprètes. Celui-là n’est point une déviation de la faculté religieuse, il en est l’exaltation, mais l’exaltation dirigée, l’enthousiasme ardent et profond, et cependant gouverné ; cette espèce d’