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Page:Barbey d’Aurevilly - Les Philosophes et les Écrivains religieux, 1860.djvu/103

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Par lui, le dieu pour les uns, le monstre pour les autres, sera mis debout, les pieds sur la terre, à portée de main. Nous pourrons en juger l’organisation, la musculature, l’intégralité. Nous saurons enfin ce que c’est que l’hegelianisme et ce qu’il doit tenir de place dans l’histoire de l’esprit humain. L’erreur au moins sera mesurée, et, fût-elle colossale, toute erreur mesurée diminue toujours.


II

Malheureusement cette mesure, dont nous sommes impatients, ne peut être prise immédiatement. Nous ne pouvons que l’annoncer. M. Vera, qui nous donnera un jour l’Hegel complet, ne nous donne aujourd’hui qu’une partie des œuvres et la partie la plus difficile à comprendre, la plus aride et, pour ainsi parler, la moins traduisible, cette affreuse Logique dont Hegel tire tout, en forçant tout. C’est parce que M. Vera est un philosophe qu’il a commencé sa publication par cette traduction de la Logique. Mais, s’il avait plus songé à l’éducation à faire de l’intelligence du public, qu’il doit, avec ses convictions, vouloir rendre hégélien, qu’à l’éducation toute faite des philosophes comme lui, il eût commencé par les autres œuvres d’Hegel, moins cruellement abstraites (par exemple, les idées sur la Religion, sur l’État, sur l’Art, etc.), et il serait remonté de là vers les principes philosophiques d’où dépend toute la philosophie de son maître, et