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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/81

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L’EMPIRE CHINOIS[1]


Enfin, voici un livre qui nous tire du roman et du paravent, et des traductions incertaines ! Voici un livre d’observateur sur le vif, de voyageur en dehors des livres, d’homme qui a fait le sien à la sueur de son front et à la poussière de ses sandales, qui a vécu dix ans dans le pays dont il parle, plongé dans les difficultés de la langue de ce pays et dans le secret de ses mœurs, et qui, de la plus haute moralité, — de cette moralité de prêtre qui donne à la parole humaine, toujours suspecte quand elle nous revient de si loin, l’autorité qu’elle doit avoir pour être acceptée, — nous apporte sur la Chine un de ces renseignements, éclairés et complets, tels qu’on n’en avait pas revu depuis la publication des Lettres édifiantes. Cet ouvrage, que

  1. L’abbé Huc, ancien missionnaire apostolitique en Chine. L’Empire Chinois (Pays, 28 février 1853)