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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/358

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IV

Et c’est ce qu’il faut rappeler, eu finissant, à l’auteur de cette Histoire de Philippe II[1] qui n’aime pas plus que nous les Démocraties. Tête de gouvernement, esprit historique, il a, à plus d’une place, exprimé le plus hautain mépris pour elles. Il sait, en effet, de quels éléments elles sont faites : ignorance, sottise, brutalité, envie, aptitude à toutes les corruptions et à tous les aveuglements, et cela sans exception d’aucune sorte. La Ligue même, qui n’eut de bon que ce fanatisme religieux méconnu si profondément par Forneron, la Ligue, qui, pour nous, fut à l’origine, l’explosion de la conscience révoltée d’un peuple, n’a pas échappé à cette loi des Démocraties. Prise longtemps par des catholiques, à distance, pour quelque chose de grand et de pur, la Ligue, étudiée de plus près, n’a été vaincue et n’a péri que parce qu’elle fut une démocratie, et son principe, tout religieux qu’il fût, ne la préserva pas de la corruption générale dont l’histoire de Forneron (et c’est là sa terrible originalité) nous a donné une si formidable idée.

  1. Plon.