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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/350

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Philippe II n’est pas que politique ; elle est, avant tout, religieuse. C’est son caractère particulier, profond, essentiel, absolu, d’être religieuse… Or, Forneron ne l’est pas. C’est un esprit d'après la Révolution française, sans hostilité (du moins montrée) contre le catholicisme, mais parfaitement indifférent à sa destinée et trouvant même bon, dans les intérêts de la civilisation comme il la comprend, qu’il ait perdu la partie au temps de Philippe II ; car, il faut bien le dire, nous, les vaincus, il l’a perdue !… Forneron croit justement qu’il l’a perdue par la faute des hommes, — par ce que nous nommons, nous autres catholiques, le Péché, et ce que les mondains appellent seulement des fautes, — et c’est la vérité ! Mais il n’a pas assez dégagé la Cause des hommes qui l’ont souillée ou trahie. Il n’a rien entendu à la grandeur divine de la Cause ; il n’a vu que l’indignité de ses serviteurs. Lui qui méprise les esprits vulgaires et les démocraties qui ne sont jamais que le gouvernement de la Vulgarité, il est tombé, par le fait plus que par des paroles expresses, il est vrai, dans ce plat sophisme des esprits vulgaires qui retourne l’infamie du prêtre contre la sainteté de l’autel.

Il a donc fini son histoire comme il l’avait commencée. Il a fait avec moi peut-être comme Dante, à qui Virgile dit : « Regarde et passe ! ». Il m’a regardé et il a passé… Il a suivi imperturbablement la voie de son esprit, qui est robuste et logique. Il a eu cette logique — cette petite clé de la logique — dont un philosophe