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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/339

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ni d’être un soldat ni d’être un danseur, — un très joli danseur, ma foi ! chose capitale ès royaumes de France et de Navarre, où la noblesse devait danser pour le plaisir du roi, comme elle devait monter à cheval et se battre, et même mourir pour son service ! Et c’était tellement cela, la coutume de la noblesse de France, que, dans le tableau par Delacroix de la fameuse apostrophe de Mirabeau au maître des cérémonies : Allez dire à votre maître ! etc., etc., elle semble danser encore sous l’apostrophe, cette noblesse, dans la personne de l’élégant marquis de Dreux-Brézé !

Par exemple ! ce fut sa dernière danse, celle-là !

Voilà le héros inconnu, voilà le Childebrand de Frédéric Masson et de son histoire, — et ce serait immuablement, même sous sa plume, toujours rien, s’il n’en avait écrit que la biographie, et s’il ne l’avait élevé, ce rien, à la hauteur d’un type, — le type de la Noblesse sous Louis XIV, — et trouvé là une histoire si pleine, à côté de ce vide en histoire. Le marquis de Grignan est, en effet et en un seul, tous les marquis de Louis XIV. Ils sont tous comme lui, — à moins que d’être des grands hommes, plus hauts que tous les marquis ; ils sont tous, individuellement, dans leur vie, ce qu’il fut dans sa vie. Ils sont tous comme lui, élevés dans l’amour du roi, — ce sentiment qui était de France, — dans ce feu sacré de l’amour du roi que soufflaient alors toutes les mères au cœur de leurs fils, et que, plus religieuses que les Vestales, elles ne