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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/334

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n’ont plus de signification d’aucune sorte. Ils seraient impossibles à recommencer avec les mêmes idées et les mêmes sentiments. Cette histoire de choses mortes qui donne une si grande idée du temps où elles étaient vivantes, n’est à présent qu’un vain document sur un temps qui n’est plus. Quel fut leur destin alors que Saint-Simon les écrivait ?… On n’a sur ce point que des idées incertaines. Mais ce qui est certain, c’est que ce document, inutile, fini, enterré, à mille pieds dans l’ordre des idées de ce que nous croyons maintenant la vérité, — si nous croyons à quelque chose ! — est un chef d’œuvre, qui a pour les admirateurs et les adorateurs du génie l’intérêt immortel d’un chef-d’œuvre. C’est comme un morceau de Michel-Ange qu’on eût retrouvé… On ne comprend pas très bien peut-être le sujet de cette statue, mais ce qui n’est pas une énigme, c’est la beauté même du chef-d’œuvre, la beauté qui se comprend bien toujours. N’est-ce pas assez ?…

Que Faugère continue de nous rapporter des papiers inédits de Saint-Simon beaucoup de chefs-d’œuvre comme celui-là, et nous l’accueillerons avec joie, même avec les préfaces qu’il y ajoutera.