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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/316

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l’on trouve un seigneur — le seigneur B… (j’allais le nommer !) — qui porte le nom de cette flatterie ! Cela rappelle presque Alberoni avec Vendôme, mais c’est Dubois qui est Vendôme, et Saint-Simon qui est Alberoni !

IV

On ne sait vraiment que penser de ce changement de front entre ces deux fronts, dont l’un, hautain et sourcilleux, se tenait si roide devant l’autre, relevé maintenant de sa poussière, essuyé de son abjection ! Réellement, c’est à n’y rien comprendre. C’est à faire douter de ce qu’on voit et de ce qu’on lit ! Quoi ! Saint-Simon, le duc de Saint-Simon, le plus altier des ducs, le féroce moraliste… contre les autres, l’austère janséniste, l’ami et le pénitent de Rancé, qui passait tous les ans un mois à la Trappe, se vautre, se dissout et s’escarbouille ainsi dans des effusions (comme il le dit) avec ce maraud et ce pied-plat de Dubois, de Dubois auquel il ne doit rien, malgré sa phrase sur « la solide grandeur et la décoration extérieure de sa maison » ; car ce n’est pas Dubois qui l’a nommé ambassadeur, c’est le Régent ! Dubois l’a pris des mains du Régent, qui l’a planté de sa toute-puissante autorité dans cette ambassade d’Espagne, non d’affaires, mais