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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/306

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plus éclatants génies d’écrivain que la France ait jamais eus, va sortir de l’engloutissement dans lequel on la tenait, le croira-t-on ? depuis plus d’un siècle ! ! ! Nous avions les Mémoires de Saint-Simon. Nous n’avions pas tout Saint-Simon. Nous avions les diamants des Mémoires éternellement éblouissants ; mais la mine dont ils ont été extraits à grand’peine, nous ne l’avions pas. Elle était hermétiquement fermée. Eh bien, on nous l’ouvre ! Nous allons pouvoir y descendre. Nous allons pouvoir nous plonger dans le Saint-Simon inconnu, à qui le Saint-Simon connu nous a tant fait rêver ! Nous allons pouvoir goûter à loisir la sensation rare que donne le génie, — le plus grand bonheur pour la pensée !

Émotionnante et bonne nouvelle ! Celui qui nous l’annonce était digne, par sa joie, de nous l’annoncer. Edouard Drumont est un journaliste… de métier, mais qui sait s’élever jusqu’à l’écrivain… de fonction. Ils sont comme cela quelques-uns en France, qui valent mille fois mieux que ce qu’ils font. Obligés, hélas ! de passer sous cette fatale et basse porte du journalisme qui nous courbe tous, après y avoir passé ils se redressent !… Édouard Drumont est l’auteur d’un livre d’archéologie et d’histoire, couronné dernièrement par l’Académie. Au fond, ce n’est pas là grand chose pour moi, qui méprise les opinions collectives et toutes les espèces de rassemblements, — ceux des Instituts comme ceux de la rue, — mais, je suis forcé