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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/281

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démontrer que la biographie de Valfrey qui dit les récompenses, il y a, en plus, l’histoire des négociations, qui dit les services, et l’on voit avec quelle écrasante générosité Lionne fut traité par le grand ministre et le grand roi, qui l’ont roulé et emporté dans leur gloire comme s’il faisait partie de leur bagage ; car, assurément, des services et des récompenses, ce n’est pas les services qui sont les plus grands !

Et ce livre, qui n’est qu’un premier volume, l’atteste, et ceux qui le suivront, s’il y en a, l’attesteront encore. Les négociations racontées dans ce premier volume sont celle de Parme, commencée sous le ministère de Richelieu, et celle de Rome, au conclave de 1656, qui ne finirent, ni l’une ni l’autre, dans le sens, d’abord voulu, des intérêts français. Malgré les talents du négociateur, elles ne furent pas pour lui des triomphes. Les autres négociations qui suivirent, comme, par exemple, le mariage de Louis XIV et le traité des Pyrénées, quoique plus heureuses et plus brillantes, n’eurent pas, non plus, en ce qui concerne Lionne, le caractère d’action et de domination personnelle qui rapporte à un homme cette espèce de gloire qui est la vraie gloire, et qu’on ne partage avec personne… Lionne a toujours partagé avec quelqu’un… J’ai dit les facultés qu’il avait ; mais les résultats auxquels il arriva par elles ne furent jamais en équation avec ces facultés. Et c’est précisément ce qui rend à mes yeux admirable la conduite de Mazarin et de Louis XIV à