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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/279

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ture de Louis XIV. N’était-ce donc pas assez ?…

Qu’avait-il besoin d’autre chose ?… Lui fallait-il expressément une biographie d’outre-tombe ?… Enseveli dans la gloire de Mazarin et de Louis XIV, et, dès qu’on parle d’eux, revenant derrière eux, n’était-ce donc pas une assez belle place dans la mémoire des hommes ?… Le cheval d’Attila, les femmes d’Attila, furent (dit-on) enterrés avec leur terrible maître… Lionne, qui fut un très digne serviteur des siens, devait-il être exhumé et mis à part d’eux, à part des traités où son nom brille abrité sous les leurs, comme sous un dais, pour que nous sussions mieux ce qu’il était et ce qu’il fit ?… Méritait-il donc plus que ce qu’il a ?… Ce travailleur infatigable, mais à la suite ; ce premier, mais parmi les seconds ; cet instrument flexible, aiguisé, toujours prêt à la main qui le saisissait ; cette plume experte et à grand style, qui s’assimilait et traduisait presque avec majesté les inspirations de ses maîtres ; ce négociateur aux aptitudes et aux attitudes imposantes, mais qui, en somme, ne commanda nulle part en chef et ne gagna jamais en personne de grande bataille diplomatique, est-il réellement de stature d’Histoire ?… Voilà la question. L’auteur de ce livre intitulé Hugues de Lionne[1] l’a pensé, mais la vie qu’il en a écrite ne le prouve pas. Elle ne renferme ni faits ignorés et nouveaux, ni valeur

  1. Didier.