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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/263

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dont il évoque, sans les juger, les témoignages, que serait-il, puisqu’il n’est pas au-dessus d’eux ?…

Et c’est ainsi que, dès le commencement de ces Études, — qui, si elles ne nous racontent pas et ne nous expliquent pas clairement et péremptoirement, comme elles devraient le faire, les civilisations et leurs origines, et leurs développements et leurs disparitions, ont au moins la prétention de les éclairer par quelque côté, — l’auteur, si ferme aux premiers mots, défaille tout à coup sous le principe qu’il a soulevé et qui fait craquer sa faiblesse. Et non seulement, après l’avoir soulevé, il n’est pas capable de l’appliquer aux faits qu’il raconte, mais il est bientôt inconséquent à ce principe, qu’il a posé : de l’influence du sang et de la race. Les sottes idées d’un temps égalitaire le prennent à la gorge. Si les races humaines supérieures doivent commander nécessairement aux races inférieures, il n’y a donc dans le monde, selon le mot de Tacite, que des hommes faits pour commander et d’autres pour obéir. Tacite, en cela, pensait comme Aristote. Mais une opinion si virile paraît bien dure à Faliés, qui finit par aller jusqu’à dire que c’est là une erreur et une impossibilité aujourd’hui. Et voilà comme, de l’homme qui posait un principe d’histoire, il ne reste plus qu’un érudit, affaibli et affadi par le libéralisme du XIXe siècle, et encore un érudit dont je me défie et que je renvoie aux érudits pour le peser ! Je n’écris pas pour le Journal des savants. Je n’ai, moi, qu’à dire