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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/254

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règne d’un moment, n’obéissait pas, en octroyant sa Charte, qu’aux idées et aux goûts philosophiques de sa jeunesse. Il haïssait son successeur, et, d’un coup, il faisait coup double. Avec sa Charte, il régnait et embarrassait le règne de son frère, et, comme le disait férocement Michaud, en parlant de la mort d’André Chénier, reprochée si longtemps et si faussement par lui à Marie-Joseph, « il lui jetait ce chat aux jambes ». Le chat y est resté. Charles X périt du gouvernement parlementaire. Louis-Philippe en meurt dix-huit ans après, et Napoléon III, l’homme de décembre qui descendait de l’homme de brumaire, en meurt aussi, pour l’avoir relevé et repris… Aujourd’hui, qu’il s’appelle République au lieu de s’appeler Monarchie, il n’en est pas moins toujours, malgré les mutilations qu’il a subies, le gouvernement parlementaire et fatal qui a perdu en cinquante ans trois dynasties, et qui n’a avancé qu’une seule question, des cent mille qu’il a stérilement agitées : celle du mépris qu’il a commencé d’inspirer !

Et de fait comparez ce qu’on pensait de lui autrefois à ce qu’actuellement on en pense ! Comparez l’enthousiasme, la confiance des premières années, avec l’amère déception des dernières. Inductions ou déductions superbes ! Cette espèce de gouvernement, qui n’en est encore qu’au mépris, achèvera un jour notre éducation par le dégoût. Mais il aura eu cela de bon, du reste, que, quel que soit l’avenir que Dieu nous