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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/202

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quée, Gapefigue s’est affermi en elle et s’y cantonne. Il ne s’agit plus pour lui du XVIIIe siècle ni des deux derniers cotillons — comme disait cet insolent Frédéric de Prusse — dans les plis desquels se prit la royauté de France pour aller tomber, un peu plus tard, la tête la première, sur l’échafaud.

Il ne s’agit plus de telle ou telle maîtresse de roi : il s’agit de toutes. Gapefigue s’en est fait l’historiographe et nous annonce un travail d’ensemble sous le titre : Les Reines de la main gauche, titre plus piquant qu’il n’est exact. Les reines de la main gauche, en effet, s’il en est quelque part, rappellent les lâches concessions et les doctrines bigames de Luther. Elles sont une idée allemande, une idée fausse du pays qui a en toutes choses la supériorité des idées fausses. Parlons correctement d’ailleurs. En Allemagne, les femmes de la main gauche, et non pas les reines, sont des maîtresses et quelque chose de plus. Ce sont des épouses quasi-légitimes de par la coutume, mais en France, pays de droit sens et de réalité, où les situations ambiguës sont antipathiques au génie même de la race, les maîtresses de roi, elles, n’ont jamais été que des maîtresses, — toujours désavouées et déshonorées par les mœurs.

Quoi qu’il en soit, du reste, voilà le genre d’histoire que Gapefigue a entrepris et veut épuiser. G’est tout un système, et non pas un goût plus ou moins suspect, qui le pousse vers les alcôves royales où l’histoire se