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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/20

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leur ordre ; après les livres des voyageurs anglais sur cette Chine logogriphique, aussi difficile à déchiffrer que son écriture ; en présence surtout de ces Pères de la foi, notre Compagnie des Indes de la rue du Bac (comme les appelait un grand écrivain), et dont les observations sont le meilleur de l’érudition contemporaine sur les institutions et les mœurs de la Chine, si deux sinologues, ayant passé toute leur vie dans une Chine intellectuelle qu’ils ont redoublée autour d’eux comme les feuilles d’un paravent, se mettaient à écrire de leur côté une histoire du pays qu’ils n’ont pas cessé d’habiter par l’étude et par la pensée, il y avait lieu de croire, n’est-il pas vrai ? que cette histoire dépasserait en renseignements et en aperçus les autres histoires insuffisantes, et que nous apprendrions quelque chose de nouveau sur ce peuple étrange, qui, du fond de sa gravité imperturbable, a l’air de se moquer de nous.

Oui ! voilà ce que nous pensions, mais l’illusion n’a pas été longue. Ces ombres chinoises d’une nouvelle et bonne histoire de la Chine ont bien vite disparu !… Le livre de Pauthier et les travaux complémentaires et caudalifs que Bazin a soudés à ce livre, sous le titre de la Chine moderne[1], ne contiennent rien de plus que ce qu’on savait avant eux. Ces messieurs, qui sont, comme nous l’avons dit, des sinologues fort dis-

  1. Firmin-Didot.