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Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/113

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Europe, la guerre éclaterait, c’est-à-dire que par son prestige elle combattait et vainquait déjà, puisque les succès à la guerre ne sont qu’une affaire d’opinion. Elle faisait en Afrique cette histoire que le général Daumas a écrite, et qui avait en Europe la plus respectueuse popularité. Elle continuait toujours l’éternelle et grande légende, et démontrait une fois de plus cette prédestination nationale de la pensée française, qu’elle soit bonne ou mauvaise, hélas ! et qui tend à tourner toutes choses au profit de notre indivisibilité ; car, même les républiques qui devaient nous perdre ne nous ont pas perdus, par une inconséquence qui est le fond même et l’essence du génie français et qui a bien prouvé, à l’éternelle confusion des endoctrineurs de sophismes, que le tempérament des peuples, quand il n’est pas entièrement ruiné par leurs excès, peut les sauver de ce qu’il y a de plus mortel en eux, — du propre venin de leurs idées !

Encore une fois, c’est là l’importance lapins incontestable et la plus actuelle des écrits du général Daumas. L’Armée s’y reflète. Or, pour nous, avec le Sacerdoce, l’Armée est la plus haute et la plus profonde moralité du pays. Elle est la primogéniture de la patrie, la fleur de l’élite de ses enfants. Elle est la virginité de la France. Tout ce qui l’exalte, tout ce qui la raconte, tout ce qui nous apprend à l’aimer, tout ce qui nous fera mettre notre main dans sa main, notre cœur sur son cœur, est, littérature à part, digne d’ap-