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le sang de la coupe

Plus rapides cent fois que la flèche des Thraces
Qui vole avec des sifflements,
Et que le vautour fauve et les corbeaux voraces,
Venez, et volez sur mes traces !

Chœur des Femmes.

Jadis, comme aujourd’hui, les cieux que nous voyons
Scintillèrent, brillants de pourpre et de rayons,
Et montrèrent aux yeux des splendeurs inconnues.
Les hommes étonnés se demandaient entre eux
Si la foudre aux cent voix se forgeait dans les nues,
Ou si, défaits après des combats désastreux,
D’autres Titans mouraient dans les flammes célestes.
Ce fut le jour, ô jour à jamais abhorré !
Où succombant, hélas ! à des conseils funestes,
La mère de Bacchos, sur son lit vénéré
Duquel, avant le jour, on avait vu descendre
Un dieu tout rayonnant, tomba réduite en cendre.

Pallas.

Volez, ô mes coursiers sans frein,
Habitués au bruit des boucliers d’airain,
Vous qui, lorsque la Guerre éblouissait confuse,
Écrasiez sous vos pieds les artisans de ruse !

Brillez comme autrefois, armes que je suspends
À mon égide, et toi, Méduse,
Pour me faire plus belle emplis d’éclairs rampants
Tes cheveux qui sont des serpents !