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Page:Balzac - Une rue de Paris et son habitant, 1845.djvu/25

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— Madame, monsieur est bien mal, vous l’avez laissé trop dîner…

— Que voulez-vous ! il était à un bout et moi à un autre de la table, et il est revenu, comme toujours, sans moi… Pauvre petit homme ! J’y vais, après m’être déshabillée.

Mme Adolphe retourne au pavillon pour proposer un vomitif au professeur en le grondant de ne pas avoir ramené madame.

— Puisque vous alliez en fiacre, vous pouviez bien m’épargner la dépense de celui que madame a pris pour revenir ; et, pour me faire payer une heure, vous avez donc arrêté quelque part ?

— À l’Institut.

— À l’Institut ? Où donc êtes-vous monté en voiture ?

— Devant un pont je… crois…

— Faisait-il encore jour ?

— Presque.

— Mais vous n’êtes donc pas allé chez Mme Vernet ?…

— Pourquoi n’es-tu pas venu chez Mme Vernet ?… demanda Mme Marmus.

L’épouse du professeur, arrivée sur la pointe des pieds, avait entendu la question de Mme Adolphe ; elle ne voulut pas voir l’étonnement peint sur la figure de la gouvernante, qui ne pouvait oublier l’assurance avec laquelle madame venait de placer le professeur à la table de Mme Vernet.

— Ma chère enfant, je ne sais pas…, dit le professeur tout penaud.