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Page:Balzac - Une rue de Paris et son habitant, 1845.djvu/23

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VII
LE DESSERT


Le professeur traversa le jardin, alla dans un pavillon sis à l’un des angles, où il demeurait seul, pour ne pas être contrarié par sa femme…

Il monta l’escalier de meunier qui menait à sa petite chambre, se déshabilla, se plaignit tant de ses souffrances à l’estomac, que Mme Adolphe le gorgea de thé.

— Ah ! voici une voiture, c’est madame qui rentre sans doute bien inquiète, dit Mme Adolphe en tendant au professeur une sixième tasse de thé. Voyons, Monsieur, j’espère que vous pourrez bien la prendre sans moi ; n’allez pas la répandre dans votre lit, vous savez comme madame en rirait… Êtes-vous heureux d’avoir une petite femme aimable et gaie comme celle-là !

— Ne lui dis rien, mon enfant ! s’écria le professeur, dont la physionomie annonçait une espèce de frayeur enfantine.

Le vrai grand homme est toujours plus ou moins enfant.