Ouvrir le menu principal

Page:Balzac - Une rue de Paris et son habitant, 1845.djvu/21

Cette page a été validée par deux contributeurs.



— Au fait, il a la rosette ! se dit le cocher.

Le professeur, qui se trouvait infiniment mieux en fiacre, s’abandonna complètement à la recherche d’une démonstration qui coquetait avec son système sans vouloir se rendre, la coquine !…

La voiture s’arrête à l’Institut, le portier voit l’académicien et le salue respectueusement. Le cocher, qui n’a plus aucun soupçon, se met à causer avec le concierge de l’Institut, pendant que l’illustre professeur se rend, à huit heures du soir, à l’Académie des sciences.

Le cocher raconte au concierge où il a chargé.

— Au pont d’Iéna ? dit le concierge ; M. Marmus revenait de Passy, il avait sans doute dîné chez M. Planchette, un académicien de ses amis.

— Il n’a jamais pu me dire son adresse.

— Il demeure rue Duguay-Trouin, n°3.

— Joli quartier, dit le cocher.

— Mon ami, dit au concierge le professeur qui avait trouvé la porte close, il n’y a donc pas séance ?

— Aujourd’hui, répond le concierge, à pareille heure !

— Mais quelle heure est-il donc ?

Près de huit heures…

— Il se fait tard. Allons ! chez moi, cocher.

Le cocher prend les quais, la rue du Bac, se fourre dans les embarras, revient par la rue de Grenelle, la Croix-Rouge, la rue Cassette ; puis il se trompe, il cherche la rue d’Assas par la rue Honoré-Chevalier, par la rue Madame, par toutes les rues impossibles : et il débarque, à neuf heures, le professeur rue Duguay-