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Page:Balzac - Une rue de Paris et son habitant, 1845.djvu/19

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VI
SECOND SERVICE


— Non, le baron Sinard, en adorateur du pouvoir, serait venu dire à l’empereur que mon système est l’inspiration d’un athée ; et Napoléon, qui a fait, par politique, beaucoup de capucinades, m’aurait persécuté, car il n’aimait pas les idées ! il était le courtisan des faits.

D’ailleurs, sous Napoléon, je n’aurais pas pu communiquer librement avec l’Allemagne. M’eussent-ils prêté leur appui, les Wytheimler, Grosthuys, Scheele, Stambach, Wagner ? Pour que les savants s’entendissent (les savants s’entendre !…), l’empereur aurait dû faire la paix ; et, dans ce cas, peut-être se serait-il occupé de ma querelle avec Sinard ! Sinard, mon ami !… mon élève devenu mon antagoniste, mon ennemi, lui, un homme de génie ?… Oui, il a du génie, je lui rends justice devant tout le monde.

En ce moment, le professeur pouvait parler haut, mais sans aucun inconvénient, ni pour lui ni pour les passants, car il se trouvait à la hauteur de la Chambre des députés. La séance était finie, tout Paris dînait, excepté le savant.