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Page:Balzac - Une rue de Paris et son habitant, 1845.djvu/17

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marmottant sur le quai, de ce qu’il m’a dit quand on m’a présenté à lui comme membre de l’Institut : « Marmus, je suis l’empereur des Français, mais vous êtes le roi des infiniment petits, et vous les organiserez comme j’ai organisé l’Empire, » Ah ! c’était un bien grand homme, et un homme d’esprit, les Français l’ont compris trop tard.

Le professeur remet Malus et sa notice dans la case aux cinquante centimes, sans avoir remarqué combien de fois l’espérance s’est alternativement éteinte et rallumée dans les yeux gris d’une vieille femme assise sur un escabeau dans l’angle du quai, chaque fois qu’il agitait la notice.

— Il était là, se dit-il en regardant les Tuileries sur la rive opposée, je l’ai vu, passant en revue ses sublimes troupes ! Je l’ai vu maigre, ardent comme les sables d’Égypte ; mais, une fois empereur, il est devenu gras et bonhomme : car tous les hommes gras sont excellents ; voilà pourquoi Sinard est maigre, c’est une machine à fiel ! Mais Napoléon aurait-il appuyé mon système ?