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Page:Ballin - Le Mahâbhârata, vol2.djvu/83

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579. Agitée comme un (arbre) kadâlî (musa sapientum), que le vent secoue, Krishnâ, en s’approchant du roi, tomba à terre, vaincue par le chagrin.

580. Le visage de cette femme aux yeux de lotus, s’altéra instantanément par l'effet de la douleur, comme le soleil quand il cède devant l’obscurité.

581. Alors Vrikodara à l’héroïsme véritable, en la voyant tombée ainsi, se leva plein de colère et l’entoura de ses deux bras.

582. Krishnâ irritée, et que Bhîmasena avait fait revenir à elle, dit, en pleurant, au fils de Pândou accompagné de ses frères :

583. « Par bonheur, ô roi, ayant conquis toute cette terre, tu en jouiras, (mais), à la vérité, après avoir donné (en échange) tes propres fils à Yama, selon le devoir des kshatriyas.

584. Par bonheur, ô fils de Prithâ, tu es sauf. Ayant conquis cette terre entière, tu ne te souviendras plus du fils de Soubhadrâ (Abhimanyou), à la démarche pareille à celle d’un éléphant furieux.

585. Par bonheur, après avoir entendu dire que tes fils ont péri selon le devoir des kshatriyas, de retour à Oupaplavya, tu oublieras (leur perte).

586. Comme le feu consume une demeure, le chagrin me dévore, moi qui ai entendu raconter le meurtre de mes (malheureux enfants) endormis, (tués) par le fils de Drona aux œuvres scélérates, ô fils de Prithâ.

587. Si vous n’engagez pas un combat dans lequel vous lui enlèverez la vie, avec cet artisan de crimes, le fils de Drona assisté de ses compagnons,

588. Si le fils de Drona ne subit pas, ici même, la puni-