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Page:Ballin - Le Mahâbhârata, vol2.djvu/390

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1174. Désireux (de jouir), sur terre, d’une entière prospérité et d’une grande gloire, soumis à la loi du destin, ils ont trouvé la mort (par l’effet même) du temps.

1175. Ce n’est pas toi qui les as tués, ni Bhîma que voici, ni Arjouna, ni les jumeaux non plus. Le temps, dans sa course, ravit la vie des êtres corporels.

1176. Pour lui, il n’y a ni père, ni mère, ni personne qui doive être favorisé. Le temps, par qui toutes les créatures sont exterminées, est le témoin de leurs œuvres.

1177. Cette guerre, ô taureau des Bharatides, n’a été qu’un moyen établi par lui, pour exterminer les êtres les uns par les autres. C’est une des manières dont il manifeste son souverain pouvoir.

1178. Sache que le temps, témoin du bien et du mal, est comme un fil qui relie nos actions entre elles. Il produit les qualités liées à la peine et au plaisir. Il nous apporte les conséquences que le destin assigne (à nos œuvres).

1179. Ô guerrier aux puissants bras, réfléchis aux actions de ceux (qui ont péri). Elles ont été le motif de leur destruction, et c’est par elles qu’ils ont subi le pouvoir du temps.

1180. Connais aussi les vœux qui te sont prescrits (comme) obligatoires, quand tu t’es livré à un acte que le destin t’a fait accomplir.

1181. Comme un outil construit par un ouvrier, et (obéissant) à la volonté de celui qui l’emploie, ce monde se meut, (en produisant) des actions déterminées par le temps.

1182. En voyant que la naissance et la destruction de l’homme, ont lieu selon (la révolution) du temps, le chagrin et la joie n’ont pas de raison d’être.