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Page:Ballin - Le Mahâbhârata, vol2.djvu/308

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épouse, irritée, adressa, sans crainte, à son mari, des paroles appuyées d’arguments.

541. « Pourquoi avoir abandonné ta royauté (qui regorgeait) de richesse et de grains ? (Pourquoi) avoir adopté l’état d’ascète mendiant ? Une poignée de grain n’est pas ce qu’il y a de mieux pour toi, (lui dit-elle).

542. Ô prince, tes résolutions et tes actes ne sont pas d’accord, puisque, après avoir abandonné un grand royaume, tu ambitionnes une infime (aumône) !

543. Ô roi, ni les hôtes, ni les dieux, ni les pitris, ni les rishis, ne peuvent plus maintenant être satisfaits par toi. Cette fatigue que tu t’imposes, est inutile.

544. Abandonné de tous, hôtes, dieux, rishis, pitris, tu rôdes de côté et d’autre, en n’accomplissant aucune œuvre !

545. Après avoir été le maître du monde, et avoir entretenu des milliers de brahmanes vieillis (dans l’étude) des trois védas, voici que tu leur demandes ta subsistance !

546. Maintenant que tu as délaissé une prospérité brillante, on te regarde comme un chien ! Tu as privé ta mère de son fils, et (moi), la Kouçalienne, de son époux !

547. Et ces kshatriyas, désireux d’accomplir leur devoir, (qui) t’entouraient, mettant en toi leur espoir dans leurs misères et attendant des récompenses !

548. Vers quels mondes te dirigeras-tu, ô roi, toi qui les prives du fruit (de leurs légitimes espérances) Car la délivrance finale est douteuse, et les êtres vivants doivent poursuivre un autre (but).

549. Ni le monde supérieur, ni l’autre, ne seront ton partage, (si) tes œuvres sont mauvaises, et (si) tu vis en abandonnant tes devoirs et ton épouse.